Loi de Modernisation Agricole : l'amendement Le Fur est un leurre

Communiqué de presse de la Confédération paysanne nationale du 23 juin 2010

L'amendement de Marc Le Fur et Jacques Le Guen propose de relever les seuils d'autorisation en élevage porcin de 450 à 2 000 places. Un changement du seuil d'autorisation n'améliorerait pas la situation des éleveurs et ne résoudrait pas la crise porcine actuelle.
La mesure proposée par Marc Le Fur et Jacques Le Guen peut s'interpréter comme un encouragement à la restructuration et au rassemblement d'élevages. Or le nombre d'éleveurs a été divisé par deux en 20 ans et l'augmentation des volumes chez ceux qui sont encore en place n'a toujours rien réglé au problème de revenu des producteurs. Ainsi le déficit structurel des producteurs porcins s'accroit et les éleveurs sont victimes du dogme de la compétitivité.
L'augmentation des seuils est un leurre et ne répondra pas plus à la crise actuelle de revenu des producteurs : c'est une fuite en avant. Elle ne favorise que l'agroalimentaire et place les producteurs comme variable d'ajustement.
La LMA ne répond pas aux besoins des producteurs. La Confédération paysanne demande aux politiques de mettre en place des outils d'adaptation de l'offre à la demande et de répartition des marges au niveau européen. La Confédération paysanne pense qu'il serait plus urgent de freiner la concentration des élevages et de plafonner le nombre d'animaux par travailleur.
Ces outils sont les seuls capables de fournir une meilleure valeur ajoutée aux éleveurs et de leur assurer un revenu.

Journée lait du 27 mai, Plérin

Une nouvelle politique laitière pour des paysans nombreux et des territoires dynamiques

Avec André PFLIMLIN, ancien ingénieur à l'institut de l'élevage et invité expert auprès de l'EMB

Et Laurent MARC, du CER

Le régime européen des quotas laitiers existe jusqu'en 2015 : comment leur redonner toute leur efficacité dès maintenant ?
Les contrats, l'organisation des producteurs ou bien l'office du lait européen sont-ils des remèdes adaptés à la dérégulation et à la volatilité des prix ?
Dans ce contexte, quelles sont les propositions de la Confédération Paysanne en terme de maîtrise européenne, de répartition des volumes, de fixation d'un prix rémunérateur, d'aménagement du territoire ?
Après la journée lait de Quintin de 2004, à laquelle Romuald Schaber (producteur de lait allemand devenu depuis président de l'EMB*) était intervenu, la Confédération paysanne et l'association Agriculture paysanne 22 souhaitent établir un état des lieux de la filière laitière, tirer les enseignements de fonctionnements différents pratiqués dans d'autres pays et dégager des perspectives.


AG de la Confédération paysanne le 26 janvier

Quelle est la capacité du modèle agricole breton à évoluer face aux nouveaux défis ?

Première région agricole française, la Bretagne est paradoxalement placée en avant-dernière position pour ce qui est du revenu dégagé par les exploitants. Autre point fort du contexte régional : l'importance de l'élevage hors-sol et la prise en compte croissante des questions environnementales renforcée par l'actualité « algues vertes » de l'été dernier. Pourtant, nous bénéficions d'une bonne image touristique mais qui se trouve ternie par le modèle agricole intensif.
Comment désengorger la Bretagne de ses excédents de production ? Que proposer à ceux qui travaillent à la terre pour qu'ils vivent bien de leur métier et qu'il soit attractif, tout en maintenant les emplois des salariés de l'agro-alimentaire ? Quelles pistes pour avancer sur la qualité des produits afin de dégager de la valeur ajoutée ? etc?
Autant d'interrogations à partir desquelles nous avons souhaité engager la réflexion à l'occasion de l'Assemblée générale.

Diaporama présenté par Gérard Maisse, président de l'Inra de Rennes :