La Bretagne agricole, le mensuel régional de la Confédération paysanne :
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Algues vertes : le plan d'action voué à l'échec 08/09/2010
Vendredi matin se tiendra en Préfecture un nouveau comité de suivi du plan d'action « algues vertes ». La Confédération Paysanne de Bretagne a décidé de ne pas y participer. Nous ne souhaitons en effet pas cautionner plus longtemps un plan qui n'est pas de nature à régler la cible visée. De l'avis de nombreux scientifiques, une véritable réorientation des pratiques agricoles est présentée comme un préalable pour résoudre durablement le problème des algues vertes, et celui plus général des excédents de nitrates dans les eaux bretonnes. Le projet d'expérimentation de la Lieue de grèves est en ce domaine une réelle avancée, il n'en est pas du tout de même pour celui de la baie de St Brieuc. Présenter le développement de stations de méthanisation comme solution au problème de marées vertes est une escroquerie. Tout l'azote entrant dans les digesteurs en sort intégralement, pas un gramme d'azote n'est résorbé (idem pour le phosphore). Le problème du bassin de St Brieuc reste donc entier. De plus, les seules déjections animales ne peuvent pas faire fonctionner convenablement ces stations ; il faudra comme en Allemagne y incorporer de grandes quantités de fourrages (ensilage de maïs?), en contradiction totale avec l'annonce du développement massif sur ce territoire de cultures pérennes. L'usage des terres arables doit être exclusivement réservé à la production alimentaire.
En s'appuyant sur l'exemple allemand, le gouvernement, main dans la main avec la FRSEA, veut utiliser les moyens financiers du plan pour compenser l'absence de revenus des agriculteurs résultant de leurs orientations propres. L'objet sous-jacent est de faire accepter aux paysans la restructuration en cours, au détriment d'une véritable volonté de reconquête de la qualité de l'eau et d'une politique agricole permettant la rémunération de ses actifs et répondant de surcroît aux attentes sociétales. Nous ferons prochainement une présentation de mesures susceptibles de solutionner à long terme les problèmes environnementaux auxquels est confrontée la Bretagne.
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Amendement « Le Fur » : la Confédération Paysanne ne participera pas au Comité de suivi du plan d'action Algues Vertes Communiqué de presse du 05 juillet 2010
L'énorme provocation de l'amendement « Le Fur » modifié dans le cadre de la Loi de Modernisation Agricole provoque des réactions indignées et légitimes des associations auxquelles se joint la voix de la Confédération Paysanne. - 1 Sur la participation au comité de suivi : La Confédération Paysanne de Bretagne ne siègera plus à ce comité de suivi tant que cet amendement sera maintenu, au motif que sa participation à des instances de concertation n'a aucun sens si des décisions essentielles sont prises ailleurs, en petit comité et sous l'influence directe de groupes de pression, en l'occurrence ici de l'agroalimentaire breton. - 2 Sur l'objet même de l'amendement : Cette loi de modernisation est au service exclusif de la restructuration et l'amendement « Le Fur » la déclinaison vicieuse d'un plan de cessation qui ne dit pas son nom. A qui va t-on faire croire que l'on peut efficacement lutter contre les marées vertes et continuer à concentrer les productions animales en Bretagne. Il y en a assez de n'offrir aux paysans de cette région que la fuite en avant par l'augmentation individuelle des volumes. Une fois de plus, pour leurs besoins propres, et au nom de leurs convictions libérales, les dirigeants de la filière agroalimentaire précipitent les paysans vers l'isolement et l'esclavage tout en faisant de l'environnement le bouc émissaire des maux dont souffre le monde agricole. A l'opposé de cette solution, un vrai travail collectif sur l'augmentation de la valeur ajoutée des productions agricoles régionales et sur la répartition équitable de cette valeur ajoutée s'impose. C'est la seule façon à la fois de répondre aux problèmes récurrents d'emploi et de revenu des paysans et des salariés de l'agroalimentaire et de reprendre la main sur la reconquête de la qualité de l'environnement. - 3 Sur le volet environnement : La dernière provocation en date de la chambre d'agriculture du Finistère demandant à reporter l'échéance du bon état écologique de l'eau de 2015 à 2027 traduit parfaitement ce qui a été l'obsession des représentants de la FNSEA à savoir gagner du temps. Les pouvoirs publics ont été jusqu'à ce jour complices de cette stratégie de nature à rouvrir la fracture entre agriculture et société. Les 130 millions d'argent public qui seront dépensés dans le plan de lutte contre les algues vertes risquent fort dans ces conditions de l'être en pure perte. Nous réaffirmons notre hostilité à ces méthodes qui ternit l'image de la grande majorité des paysans. |
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